Coudre un masque de protection « barrière » en tissu… Aujourd’hui, l’équipe de Modesty Couture a décidé de vous proposer un tutoriel spécial.
L’engouement pour les masques maison n’a jamais été aussi vif. Face à la demande pressante de nos élèves et de nos proches, nous avons décidé de partager une méthode détaillée, accessible à tous, pour coudre un masque en tissu. Vous trouverez ci-dessous toutes les étapes, expliquées simplement, ainsi qu’un patron à télécharger.
Avant de vous lancer, sachez que nous mettons à disposition une formation vidéo gratuite pour démarrer la couture sans perdre de temps ni tomber dans les pièges classiques. Ces cours vous aideront à progresser réellement et à réussir vos projets. Pour vous inscrire, il suffit de cliquer ici ou sur le bouton ci-dessous pour recevoir vos leçons directement par e-mail.
Maintenant, venons-en au masque lui-même. Quelques mots pour mieux comprendre notre démarche…
L’AFNOR (Association Française de Normalisation) propose un guide précis sur la fabrication des masques barrières. Mais au juste, qu’appelle-t-on « masque barrière » ?
Un masque barrière n’est pas un dispositif médical ni un masque FFP. Il ne vise pas à protéger la personne qui le porte de façon absolue, mais il réduit la diffusion des gouttelettes et protège la collectivité.
Pourquoi porter un masque en tissu protège-t-il son entourage ?
Porté par quelqu’un de malade, un masque en tissu retient les postillons et limite la propagation des particules dans l’air. C’est un geste simple qui a du poids, car il protège l’entourage immédiat.
Autre effet concret : il empêche de porter machinalement la main à la bouche ou au nez. Le masque devient alors une barrière physique contre la contamination indirecte.
Pour creuser le sujet, l’article très complet de Couture et paillettes détaille la place des masques en tissu face au coronavirus. Si vous cherchez une analyse technique poussée, je vous invite à le consulter : « La place des masques de tissu dans la prévention du coronavirus ».
Pensez aussi à télécharger le guide Afnor, c’est une ressource incontournable pour tous ceux qui veulent se lancer dans la confection de masques à la maison sans repères précis.
Petit point à préciser : l’ajout d’un insert ou d’un pince-nez ne figure pas dans le modèle de base Afnor. Pourtant, beaucoup souhaitent intégrer ces options. C’est pourquoi nous avons mis au point un patron qui permet d’ajouter ces éléments si vous le souhaitez.
Ceux qui veulent suivre strictement le modèle Afnor peuvent utiliser le lien plus haut. Sinon, poursuivez la lecture : notre version respecte entièrement les dimensions et le pliage recommandés.
NB : Ce modèle n’a pas fait l’objet de tests en laboratoire. De plus, l’utilisation de ce tutoriel à des fins commerciales n’est pas autorisée par Modesty Couture.
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À savoir sur les masques en tissu
Avant de commencer, quelques points pratiques à garder en tête :
- Un masque en tissu doit pouvoir être lavé à 60°C après chaque utilisation : privilégiez donc le coton. Certains tissus comme la viscose ou le polyester filtrent, mais supportent mal la haute température.
- Le coton choisi doit être bien serré : tendez le tissu à la lumière, il ne doit pas laisser passer les rayons (cf. guide Afnor).
- Le masque doit couvrir du nez au menton et l’air ne doit pas passer sur les côtés. Un masque trop étroit ne protège pas efficacement.
- Ne portez pas le masque plus de 3 à 4 heures d’affilée. Il s’attrape et se retire uniquement par les élastiques, sans toucher le tissu. En cas d’insert, préparez-les à l’avance et changez le masque entier à chaque fois : on ne manipule pas l’insert en cours de journée.
Pour choisir le bon insert, référez-vous à l’article de Couture et paillettes, il détaille tout ce qu’il faut savoir.
Autre lien utile : le site de l’IFTH, en partenariat avec la DGA, recense les différents tests réalisés sur les tissus destinés aux masques (mise à jour régulière).
Tout est prêt ? On passe au tutoriel. Le patron mis à jour (18/05) est disponible ci-dessous.
Comment coudre un masque protecteur en tissu ?
Découper les pièces : mode d’emploi
Pour fabriquer un masque en tissu, préparez les éléments suivants :
- Deux rectangles de coton de 21 cm de haut sur 20 cm de large (tissage serré indispensable)
- Deux rectangles de coton de 9,5 cm sur 4,5 cm
- Bande élastique ou liens en tissu. La longueur dépend de votre visage et de l’élasticité : testez sur vous avant de couper. À titre indicatif :
- Environ 30 cm d’élastique de chaque côté
- Si vous utilisez un seul lien, comptez environ 105 cm
- Un insert (filtre) selon vos besoins
Note : le patron respecte la hauteur préconisée par l’AFNOR, mais à l’usage, il peut sembler haut. Retirer 1 cm en hauteur reste possible : modifiez alors les repères de pliage en conséquence (4,5 cm pour le principal, 2,2 cm pour les secondaires).
Préparation des bandes pour l’élastique
Pliez les côtés des bandes sur 1 cm. Votre bande passe de 9,5 cm à 7,5 cm. Piquez au centre pour maintenir le pli. Ce point n’est pas obligatoire mais facilite l’insertion de l’élastique, sans gêne ni tissu qui bouge.
Un ourlet complet est possible (prévoir 11,5 cm au départ), mais il épaissit inutilement le masque. Un simple pli suffit amplement.
Avec le fer à repasser, pliez ensuite la bande en deux dans la longueur. Mettez de côté.
Assembler la partie principale du masque
Superposez vos deux rectangles principaux, endroit contre endroit, puis surfilez un côté de 20 cm (le bas du masque). Pour les tissus à motifs directionnels, vérifiez bien le sens.
Le surfilage n’est pas obligatoire sur du coton, mais il prolonge la durée de vie du masque, surtout avec des lavages fréquents.
On passe au pliage : munissez-vous du patron téléchargé.
- Pour la face extérieure, placez-vous devant l’endroit du tissu
- Pour la doublure intérieure, placez-vous sur l’envers
La méthode de pliage est identique, seul le côté du tissu diffère. Tracez les repères du patron (marques A et B) sur chaque pièce.
Ramenez chaque marque B sur sa marque A, de chaque côté. Maintenez à l’aide de pinces ou d’épingles. Faites-le pour les quatre repères B.
À l’arrière, les plis doivent se superposer. Tendez bien le tissu et fixez solidement. Un point de maintien à 0,5 cm du bord permet de stabiliser l’ensemble.
Répétez l’opération avec les deux rectangles de coton.
Superposez ensuite les deux pièces pliées pour l’assemblage. Positionnez au centre de l’un d’eux les deux bandes repliées (vers l’intérieur). Pour vous repérer, pliez la bande en deux et marquez le centre, puis alignez-le sur le pli central du masque.
Recouvrez avec le second rectangle, endroit contre endroit, de façon à ce que les faces principales soient l’une contre l’autre.
Tracez vos marges de couture : 2 cm sur le côté surfilé, 1 cm ailleurs.
Piquez le masque en laissant une ouverture centrale de 9,5 cm sur le côté du surfilage. Faites bien vos points d’arrêt. Le pli intérieur retiendra l’insert, d’où la marge plus large à cet endroit.
Prenez garde à ne pas coudre les bandes élastiques par mégarde : vérifiez au toucher leur position et écartez-les si besoin.
Retournez le masque pour vérifier que rien n’a été accidentellement piqué. Si une bande est bloquée, décousez et reprenez. Si tout est en ordre, replacez sur l’envers et refermez les trois côtés restants.
Repassez soigneusement la marge de 2 cm vers le haut, puis repliez et refermez les côtés ouverts. Pas besoin de recouper les angles : les bandes assurent un bon maintien et inutile de fragiliser le tissu. Si vous n’avez pas surfilé, faites un point discret pour maintenir la marge.
Retournez le masque par l’ouverture, sortez bien les angles et repassez pour obtenir une belle tenue.
Installer le pince-nez
Sur la partie supérieure (celle avec marges de 1 cm, pas celle de l’ouverture), marquez deux repères pour une piqûre de 5 cm au centre, à 0,7 cm du bord.
Adaptez si nécessaire selon la taille du fil de fer ou de la baguette utilisée pour le maintien nasal.
Renforcez vos points d’arrêt. Cette couture forme une coulisse pour insérer le fil de fer.
Pour le fil, plusieurs solutions existent : attache-sachet, tige de tuyau, bandelette d’aluminium (à retirer avant lavage pour éviter la rouille), fil de cuivre ou d’acier inoxydable (rayon bricolage). Avec les attaches de sachet, il suffit d’en superposer trois et de bien les serrer. Enveloppez-les de cellophane pour faciliter l’insertion. Attention lors du repassage à ne pas faire fondre les parties plastiques.
Insérez le fil par l’ouverture, sans retourner tout le masque. Le fil dépassera un peu : c’est voulu, cela facilite son remplacement.
Installer les bandes élastiques
Passez l’élastique sur les côtés à l’aide d’une épingle à nourrice, faites un nœud et glissez-le dans la bande pour le masquer. Si l’élastique glisse trop, fixez-le par une piqûre perpendiculaire. Pour éviter qu’il s’effiloche, un passage rapide au briquet règle le problème.
Pas d’élastique sous la main ? Des bandes de vieux t-shirts en jersey, des collants, un cordon ou même de la dentelle font très bien l’affaire.
Pour équilibrer les longueurs, repliez le masque en deux et ajustez chaque côté. Tirez sur les nœuds pour régler, puis serrez fermement.
Insérer un filtre amovible
Votre masque en tissu est terminé. Le grand pli plat se place côté extérieur.
Vous pouvez l’utiliser tel quel ou glisser un filtre par l’ouverture du bas. La poche intérieure mesure environ 18×17 cm, ne choisissez donc pas un insert trop grand.
Un exemple simple : une demi-lingette électrostatique dépoussiérante, achetée en grande surface, fait un insert pratique et économique.
Le tutoriel touche à sa fin.
Nous espérons voir bientôt vos créations de masques maison circuler partout. N’hésitez pas à nous identifier sur les réseaux sociaux avec vos photos et le hashtag #ModestyCouture.
Et surtout : restez chez vous, sortez les aiguilles et cousez sans modération !
Pour finir, voici une version sans élastique : glissez le lien en bas, faites-le passer autour du cou puis nouez-le derrière la tête. Simple, efficace, et adapté à tous les profils.


















