Ce que révèle vraiment la signification du mot vintage

Depuis, apparemment, il est humain de vouloir tout mettre dans une boîte, et j’ai vu à plusieurs reprises des gens s’insurger quand j’ai utilisé le mot Vintage, j’ai décidé de creuser plus… J’ai donc passé plusieurs jours à naviguer sur le web pour trouver la « vraie » différence entre rétro et vintage.

On pourrait croire que cette enquête ressemblait à des vacances. Pas du tout. Entre les définitions qui se contredisent, les articles de magazines qui n’arrangent rien, et les débats sur les réseaux, impossible de trancher d’un simple revers de la main.

En fouillant, deux courants de pensée ressortent avec force :

  • Certains tracent une frontière nette entre rétro et vintage selon les décennies. Pour eux, le rétro s’arrête aux années 30, parfois jusqu’aux années 50. Le vintage, lui, balaye plus large, des années 30 aux années 70. Cette grille de lecture a ses adeptes, mais rien n’est jamais figé.

Un détail qui fait sourire, mais qui change tout : le mot « vintage » vient du jargon œnologique anglais. À l’origine, il désigne une cuvée exceptionnelle, un « grand cru vintage ». La mode a flairé la trouvaille avec éclat lors de la 73e cérémonie des Oscars en 2001. Ce soir-là, Julia Roberts a reçu la statuette de la meilleure actrice pour « Erin Brockovich », vêtue d’une robe Valentino « vintage 1992 ». Cette décennie, c’est aussi la grande époque de « Sex and the City » et de la silhouette inimitable de Carrie Bradshaw, alias Sarah Jessica Parker.

Une autre vision séduit aujourd’hui de plus en plus d’adeptes. Elle s’appuie sur le sens du mot « vintage » : « ancien » ou « daté ». Ici, tout repose sur la technique de fabrication, les matériaux, ou l’année de création. Le terme « rétro » désigne alors un style, une intention. On choisit le rétro pour insuffler une ambiance d’époque à son intérieur, que ce soit avec de véritables meubles vintage ou des créations contemporaines qui s’en inspirent.

  • Dans ce cas, le rétro devient une esthétique, un clin d’œil, tandis que le vintage fait référence à l’objet d’origine, à son histoire et à sa patine réelle.

Finalement, impossible d’imposer un « look vintage » à sa décoration. On parle plutôt d’une ambiance rétro, construite à partir de pièces vintage ou de mobilier neuf inspiré d’une époque précise. La subtilité se niche dans ces nuances. Tout peut changer, et rien n’oblige à s’enfermer dans des règles rigides.

Photos : Karel Balas

Et pour pimenter le débat, il faut savoir que « rétro » n’est pas une tendance figée. Ce courant déborde allègrement sur tous les styles : Art Déco, scandinave, bohème, industriel… Selon l’ambiance recherchée, on pioche parmi des meubles vintage, rénovés, transformés, ou bien des rééditions actuelles qui capturent l’esprit d’une époque.

Le style des années 70, est-il rétro ? On aimerait parfois que la chronologie suffise, mais la réalité est bien plus nuancée.

Pour s’y retrouver, suivre ses envies reste la meilleure option. Chercher à tout ranger dans des cases enlève le plaisir de la découverte. Et puisque la tentation est grande de craquer pour une pièce unique, voici quelques trouvailles :

  • Spins Disc, Crosley à 150,50€
  • Tapis berbère, La Redoute à 79,99€
  • Canapé N501, Ethnicraft
  • Cactus, Bergamote à 89,90€
  • Vinyl Amy Winehouse, Urban Outfitters à 27€
  • Jeune, Jada Paris à 1450€
  • Caméra XF1, Fujifilm à 260€
  • Fauteuil vintage jaune moutarde, Selency à 329€
  • Décoration murale, Fleux à 49,90€

On pourrait multiplier les débats, s’interroger à l’infini sur la frontière entre rétro et vintage. Mais la magie opère quand on s’approprie ces codes et qu’on laisse parler ses envies, sans se soucier de l’étiquette. La beauté, c’est de s’inventer son propre style, sans mode d’emploi ni bornes imposées.